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Salaud de patron ! Tous des voyous ! 1/2

Taper à tout va sur les patrons est un grande mode française. Selon les poncifs habituels les patrons s’octroient des salaires indécents et n’ont que le profit pour objectifs.

Mais n’est-ce pas une réflexion un peu trop facile ?

Je n’adhère pas à cette vision. Marre de cette généralisation grotesque qui fait de patron un des métiers les plus détestés de France ! Même si, sans-doute, certains méritent cette mauvaise réputation ils ne représentent pas la majorité. Rappelons-nous qu’il y a plus de 3 millions d’entreprises en France dont 99% de TPE-PME qui emploient la moitié des salariés français. Et seulement 40 dans le fameux CAC40…

En faite notre perception des patrons est biaisée. On les oppose trop souvent aux salariés et c’est une erreur. Il faut comprendre qu’un patron, et là je parle de celui qui a créer son entreprise pas celui qui a été mis à ce poste, est un investisseur.

Le patron se tire avec la caisse

Faisons la petite expérience suivante. Mettons-nous dans la peau d’une personne salarié qui souhaite créer son entreprise et suivons son parcours étape par étape.

La conception du projet

Chaque soir vous passez votre temps libre à travailler sur votre projet. Vous réfléchissez des weekend entiers à votre idée de produit ou de service. Elle doit être clairement définie. Vous réalisez des étude de marché, étudiez ce que fait la concurrence, cherchez à déterminez les coûts de fabrication et le prix de vente acceptable. Vous devez faire un business-plan crédible avant d’aller voir les banques. Avez-vous des notions de comptabilité ? De marketing ? De gestion ? Non ? Eh bien il va falloir vous y mettre car à vos débuts vous n’aurez pas les moyens d’embaucher pour déléguer. Encore une fois vous allez devoir consacrer du temps pour vous former.

Le reste du temps vous êtes occupé par votre emploi salarié. Bref votre vie de famille en pâtit et vos loisirs sont un lointain souvenir.

La recherche de financement

Tout ce travail de préparation sera nécessaire si vous souhaitez présenter votre projet aux investisseurs (banque, business-angel, aide publique, ou autre). Sans ça vous passerez au mieux pour un rigolo. Personne ne voudra investir dans votre idée. Vous allez devoir justifier devant un jury de professionnel de la faisabilité de votre projet. Ils ne vous feront pas de cadeaux. Ceux qui sont déjà passés par là décrivent l’expérience comme étant impressionnante et éprouvante. Vous êtes littéralement soumis à la question.

Ce n’est pas seulement votre projet qui les intéresse. Vos compétences personnelles, votre motivation sont analysés et jugés. Du résultat de cette examen dépendra le déblocage des crédits.

Le casse-tête administratif

Les choses sérieuses commencent. Nous connaissons tous les lourdeurs de l’administration. Les démarches administratives sont nombreuses, fastidieuses. Vous allez devoir enregistrer votre entreprise auprès du CFE, déposer une marque et un logo à l’INPI, ouvrir un compte pro dans une banque, réserver un nom de domaine pour votre site internet, prendre une assurance professionnel, etc. Bref se faire connaitre auprès de tout un tas d’administration.

Noyé dans la paperasse administrative

Certes aujourd’hui le statut d’auto-entrepreneur existe et vous simplifie grandement la tâche pour débuter. Mais il est très limité et n’est apparu quand août 2008. Le patron qui vous emploie aujourd’hui n’en a probablement pas bénéficié à ses débuts.

 

Voilà la fin du premier volet d’un petit coup de gueule. Cette première partie abordait les débuts d’une entreprise, de la gestation du projet aux démarrages de l’activité. On a vu qu’avant même de gagner le moindre centimes un patron doit beaucoup travailler. Bien plus qu’un salarié qui fait ses 35h-40h par semaine. La seconde partie sera consacrée aux premiers mois d’existence.

 

Dans :Entreprise

6 commentaires to "Salaud de patron ! Tous des voyous ! 1/2"

  1. Lionelo dit :

    Ce n’est pas les patrons qui sont en accusation, je pense.
    C’est plus que les inégalités se sont renforcées ces derniéres années, et que les fortunes française sont plus mis à contribution pour effacer ça.

  2. InvestMan dit :

    Très bon article. Effectivement, il y a tout un tas de choses qui ne sont pas vues par les personnes qui critiquent. De toute façon, on a beau leur expliquer qu’il y a un travail préalable, que le temps de travail peut être énorme, que la vie de famille devient inexistante, etc., elles ne comprennent pas et s’entêtent à penser que les patrons sont mauvais. Il faut dire que les médias vont dans ce sens et que l’avis suit naturellement ce que racontent les journalistes !

  3. SAlut Julien,

    eh oui, les patrons travaillent beaucoup. Je crois qu’il faut définitivement arrêter avec l’idée des 35 heures. C’est une idée trop limitatives pour accomplir de grandes idées ou des projets vies.

    Travailler encore et encore n’est pas un mal et cela permet d’être plus heureux et plus épanoui si l’on fait un boulot que ‘l’on aime bien !

    Julien, soutient la création d’entreprise

  4. Benjamin dit :

    Il est dommage que les patrons soient aussi mal vus en France. Les gens oublient souvent qu’être un patron c’est souvent prendre de grands risques et dire adieu à de nombreux avantages. Cette mentalité n’encourage vraiment pas l’innovation.

  5. Victor dit :

    Il faut aussi souligner que ces « patrons » dont on parle sont en fait des marketeux du CAC 40 qui n’ont plus grand chose à voir avec la fonction créatrice que managériale, dans des entreprises subventionnées, copains avec l’Etat et avec un rythme presque comparable à celui des agents de la SNCF
    Pas du tout le genre d’individu dont on a l’habitude de chanter les louanges. Ghosn est un très bon exemple : défendu, Renault a pourtant vendu presque moitié moins de voiture depuis qu’il est à la tête
    C’est davantage les patrons de PME que j’admire, surtout compte tenu des difficultés draconiennes. Rien que l’administratif, c’est étouffant. Et qu’ils paient plus de taxes que les grandes entreprises, c’est vraiment marcher sur la tête…
    Julien -> Honnêtement, à part la fonction publique, qui travaille 35 heures ? Pas moi en tout cas. Mon contrat a beau être « 35 », la réalité c’est « 40 », qu’on le veuille ou non

  6. magicman2185 dit :

    Il faut encore le dire et le répéter, un entrepreneur le plus souvent croit au marché tandis qu’un investisseur, il croit en lui. Donc un entrepreneur n’est pas un investisseur, il est même souvent le contraire d’un investisseur, en ceci qu’il croit en la valeur travail, tandis qu’un investisseur, il croit en la valeur capital

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