La CSG prélevée sur les pensions de retraite dépend du revenu fiscal de référence (RFR) figurant sur l’avis d’imposition de l’avant-dernière année. Pour les pensions versées en 2026, ce sont les revenus 2024 (avis 2025) qui servent de base. Les taux n’ont pas changé, mais les seuils de RFR ont été revalorisés de 1,8 %, un chiffre à mettre en regard de la revalorisation des pensions et de l’inflation réelle pour mesurer l’effet sur le pouvoir d’achat.
Prélèvements sociaux sur les pensions : CSG, CRDS et CASA en 2026

Trois contributions sont susceptibles d’être précomptées sur une pension de retraite versée à un résident fiscal français affilié à un régime obligatoire d’assurance maladie.
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- La contribution sociale généralisée (CSG), dont le taux varie entre 3,8 % et 8,3 % selon le RFR. Le taux médian se situe à 6,6 %.
- La contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), fixée à 0,5 %.
- La contribution de solidarité pour l’autonomie (CASA), à 0,3 %, applicable uniquement aux retraités soumis au taux médian ou au taux normal de CSG.
Un retraité dont le RFR reste sous le premier seuil est totalement exonéré de ces trois prélèvements. Au-dessus, le taux de CSG appliqué dépend de la tranche dans laquelle se situe le RFR rapporté au nombre de parts fiscales du foyer.
Seuils de RFR revalorisés de 1,8 % : ce que cela change concrètement

En 2026, les seuils de revenu fiscal de référence déclenchant chaque taux de CSG ont été relevés de 1,8 %, calés sur l’évolution moyenne annuelle des prix à la consommation. Cette revalorisation détermine si un retraité conserve son taux actuel, bascule vers un taux inférieur, ou au contraire passe au palier supérieur.
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L’écart entre revalorisation des seuils et revalorisation des pensions
C’est ici que se niche la perte de pouvoir d’achat. Les pensions de base ont été revalorisées selon un calendrier et un taux qui ne coïncident pas nécessairement avec cette hausse de 1,8 % des seuils. Quand la pension augmente plus vite que les seuils, un retraité peut franchir un palier de CSG sans que ses revenus réels aient progressé en proportion.
Un retraité peut changer de tranche CSG alors que son niveau de vie stagne. Le RFR intègre la revalorisation de la pension, mais aussi d’éventuels revenus du patrimoine. Un placement qui a produit quelques intérêts supplémentaires suffit parfois à faire basculer le foyer au-dessus du seuil suivant.
Le mécanisme de lissage en cas de hausse de taux
Pour limiter les effets de seuil, un dispositif de lissage existe. Si le RFR du retraité dépasse le seuil d’une tranche supérieure pour la première année seulement, le nouveau taux ne s’applique pas immédiatement. Il faut que le dépassement soit constaté deux années consécutives pour que la hausse devienne effective. Ce lissage protège contre un pic ponctuel de revenu (vente d’un bien, rachat d’assurance vie), mais pas contre une progression régulière.
CSG sur les revenus du capital : la hausse que les retraités épargnants subissent en plus
Les contenus officiels détaillent la CSG sur les pensions, mais un second front touche directement les retraités qui complètent leur pension par des revenus de placements. Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée à 10,6 % avec la création de la contribution financière pour l’autonomie (CFA) de 1,4 %.
Résultat : les prélèvements sociaux sur la plupart des placements financiers atteignent 18,6 %, contre 17,2 % auparavant. PER en sortie capital, comptes-titres, livrets fiscalisés, plus-values immobilières : tous sont concernés.
Pour un retraité qui retire un capital de son PER ou perçoit des dividendes sur un compte-titres, cette hausse de 1,4 point s’ajoute à la CSG prélevée sur la pension. L’effet combiné crée une double érosion du pouvoir d’achat : davantage de prélèvements sur la pension si le RFR franchit un seuil, et davantage de prélèvements sur les revenus financiers dans tous les cas.
Mesurer la perte de pouvoir d’achat réelle : la méthode
Comparer son taux de CSG d’une année sur l’autre ne suffit pas. La perte de pouvoir d’achat se mesure en combinant trois variables.
- Le taux de CSG effectivement appliqué sur la pension (identique, en hausse ou en baisse par rapport à l’année précédente).
- Le montant net de pension perçu après prélèvements, rapporté à l’inflation constatée sur la période.
- Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital, passés de 17,2 % à 18,6 %, qui réduisent le complément de revenu tiré de l’épargne.
Le point de bascule est simple : si le cumul de la revalorisation de la pension et de la hausse des seuils CSG ne couvre pas l’inflation réelle, le retraité perd du pouvoir d’achat, même sans changement de tranche.
Le piège du RFR gonflé par les revenus exceptionnels
Un rachat partiel d’assurance vie ou une plus-value mobilière réalisée en 2024 gonfle le RFR utilisé pour 2026. Le retraité peut se retrouver au taux normal de CSG à 8,3 % alors que ses revenus courants n’ont pas évolué. Le mécanisme de lissage ne joue que si le dépassement ne se reproduit pas l’année suivante, ce qui suppose de planifier les retraits sur plusieurs exercices.
Vérifier son avis d’imposition 2025 (revenus 2024) permet d’anticiper le taux qui sera appliqué sur les pensions de 2026. Les caisses de retraite reçoivent directement l’information de l’administration fiscale, mais le retraité peut contrôler la cohérence entre le RFR transmis et sa situation réelle, notamment en cas d’erreur ou de changement de situation familiale (décès du conjoint, divorce) modifiant le nombre de parts fiscales.
La revalorisation de 1,8 % des seuils CSG absorbe une partie de la hausse mécanique des RFR, mais ne neutralise pas les effets d’un revenu du patrimoine en progression ou d’une pension revalorisée au-delà de ce pourcentage. Pour les retraités épargnants, le passage des prélèvements sociaux à 18,6 % sur le capital constitue un facteur supplémentaire de recul du revenu disponible, indépendant de la tranche CSG applicable à la pension.

