5 000 euros. C’est la frontière qui sépare le prêt discret entre amis du radar fiscal. À partir de cette somme, le fisc entre en scène, même si aucun intérêt ne circule. Plus question de s’en remettre au « bon sens », la vigilance s’impose à l’heure où la fiscalité se durcit. Les règles changent, la déclaration s’intensifie, et le moindre faux pas peut coûter cher. Naviguer dans la loi de finances 2025 demande une attention nouvelle, sous peine de tomber dans l’angle mort des contrôles et des pénalités.
Prêt et fiscalité en France : ce qu’il faut savoir en 2025
La fiscalité française ne laisse pas de place à la confusion : un prêt, qu’il s’agisse d’un crédit immobilier ou d’un prêt à la consommation, n’est pas imposé comme un revenu. Peu importe que la somme soit élevée : les fonds empruntés n’augmentent pas la somme sur laquelle vous êtes taxé. Cette règle tient bon, malgré les remous successifs dans la législation.
Cependant, un seuil ne peut plus être négligé. À partir de 5 000 euros pour un prêt entre particuliers, la clarté devient impérative. Remplir le formulaire 2062 devient une formalité incontournable : cette déclaration vise à prévenir toute assimilation entre somme prêtée et revenu dissimulé. Les banques, pour leur part, transmettent ces flux à Bercy sans que le particulier ait à s’en soucier, ce qui sécurise la position de l’emprunteur sur le plan administratif.
Si l’argent prêté n’est pas taxé, il n’en va pas de même pour les intérêts éventuellement perçus par un prêteur privé. Qu’il s’agisse d’un proche, d’un partenaire ou d’une simple connaissance, ces gains entrent pleinement dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers et doivent être déclarés par le bénéficiaire.
Enfin, il faut noter que le remboursement d’un prêt immobilier pour sa résidence principale ne donne plus droit à aucune réduction sur la feuille d’impôt. Cette possibilité a disparu depuis plusieurs années, l’optimisation fiscale se recentrant désormais sur des investissements locatifs bien ciblés. Vous retrouverez un focus sur ces situations plus loin dans l’article.
Déductibilité des intérêts d’emprunt : qui peut en bénéficier cette année ?
La déduction des intérêts d’emprunt de vos revenus n’est plus permise que dans quelques scénarios précis. Les détenteurs d’un bien occupé en résidence principale ne peuvent plus s’en prévaloir. Aujourd’hui, seuls les investisseurs immobiliers locatifs, s’ils choisissent le bon régime fiscal, peuvent y avoir accès.
Pour y voir plus clair, voici les configurations dans lesquelles la déduction s’applique encore :
- En location nue avec le régime réel, les intérêts d’emprunt réduisent directement le montant des loyers imposés.
- En location meublée, le régime réel permet aussi de retrancher les intérêts du bénéfice BIC. En régime micro, seul l’abattement forfaitaire s’applique, sans prise en compte des frais réels.
Autrement dit : pas de place pour l’approximation. Il faut s’assurer que le bien est loué selon le régime adapté, choisir le bon statut et garder tous les documents justificatifs. Choisir le régime réel, particulièrement en 2025, reste souvent le choix le plus pertinent pour qui souhaite optimiser un investissement locatif, en acceptant une gestion comptable plus poussée.
Nouvelles règles fiscales 2025 : quels changements pour les emprunteurs ?
La loi de finances 2025 ne change pas la donne : les capitaux empruntés ne sont pas soumis à l’impôt, sauf exceptions propres à certains montages professionnels très spécifiques. Le prélèvement à la source reste en place, mais ne concerne pas le remboursement ou la souscription d’un prêt.
Les évolutions concrètes se concentrent ailleurs. La loi Lemoine transforme progressivement les règles de l’assurance emprunteur : changer d’assurance chaque année et renégocier devient la norme, ce qui abaisse potentiellement le coût du crédit, sans impact immédiat sur l’imposition annuelle.
Pas de révolution non plus du côté des réductions d’impôt et crédits d’impôt pour les crédits classiques. Les mesures favorables restent attribuées à d’autres volets comme l’investissement immobilier ciblé ou la rénovation énergétique. Les seuils de revenu fiscal de référence et le barème de l’impôt évoluent très légèrement, sans rupture majeure pour les ménages.
Un point de vigilance devient central : les prélèvements sociaux intervenant sur certains produits financiers annexes. Les flux financiers privés sont examinés de plus près, notamment via la généralisation du formulaire 2062 pour les opérations intra-familiales. La traçabilité et la clarté des opérations financières deviennent clés pour prévenir tout malentendu ou suspicion de dissimulation.
Conseils pratiques pour optimiser la déclaration de vos intérêts d’emprunt
Pour bien déclarer ses intérêts d’emprunt, la première étape consiste à catégoriser correctement son projet. L’administration fait une distinction nette entre la résidence principale et l’investissement locatif. Si votre bien vous sert de logement, la période des déductions est terminée, excepté pour quelques dispositifs anciens ou cas spécifiques (prêt à taux zéro, etc.). En location meublée non professionnelle (LMNP) au régime réel, la déduction reste possible, mais uniquement sur les loyers réellement perçus.
Pour limiter les erreurs, il est fortement recommandé de rassembler tous les documents utiles : échéancier de prêt, relevés bancaires, tableaux d’amortissement, attestations d’intérêts. En passant par l’espace finances publiques, il devient plus simple de contrôler ou corriger les montants déjà reportés sur la déclaration. Dès lors qu’un prêt est réalisé en famille ou entre proches, il devient impératif de déposer le formulaire 2062. À défaut, le fisc peut réclamer des explications, voire appliquer une sanction.
Pour faciliter la préparation de la déclaration, certains réflexes sont devenus incontournables :
- Vérifier que les montants déclarés coïncident avec les flux visibles sur vos comptes bancaires.
- Conserver l’ensemble des justificatifs au minimum trois ans pour répondre à toute demande administrative.
- En cas de multi-propriété, bien répartir les intérêts selon chaque dossier locatif ou patrimonial.
Toute la logique des conseils fiscaux 2025 converge vers un impératif de cohérence. Plus la déclaration est exacte et correspondante à la réalité bancaire, moins l’administration a de raisons d’aller voir plus loin. Rassembler, anticiper, justifier, ces réflexes paient, même en cas de contrôle mené à l’improviste.
Déclarer un prêt aujourd’hui, c’est avancer sur un fil : celui qui relie rigueur et transparence, sous le regard attentif du fisc. Les règles évoluent, parfois à bas bruit, rarement sans conséquences. Prévenir vaut décidément toujours mieux que réparer.


